Pourquoi souhaiter un « joyeux » Noël?

En ce jour si particulier, tout le monde n’a pas le cœur à la fête. Comment se réjouir lorsqu’on a perdu un être cher, quand on est malade, épuisé par l’âge, seul, réfugié, loin des siens, prisonnier, lorsqu’on se sent inutile, exclu, en manque d’amour ? Les décorations de la ville et la foule des magasins peuvent sembler insupportables.
Et pourtant, même dans les moments de pire détresse, Noël a toujours été perçu comme un signe d’espérance…

Ce n’est pas un hasard si, dès le IIIe siècle, les chrétiens ont symboliquement fixé au 25 décembre la date de la naissance de Jésus: au solstice d’hiver, timidement mais inexorablement, les jours commencent à s’allonger et la lumière à regagner sur les ténèbres.

Un bébé, fragile, a bouleversé le monde Noël vient du latin dies natalis, «jour de naissance». En mémoire de la naissance d’un enfant, un bébé fragile, Jésus, dont la venue sur terre a bouleversé le monde.
Que l’on voie en lui ou pas le fils de Dieu, ce «petit» dans une crèche semble capable de réconcilier l’humanité avec elle-même. Parce que son histoire remet en cause toutes les hiérarchies. La faiblesse devient une force ; la pauvreté, une richesse ; l’humilité, une grandeur. Et tout
homme de bonne volonté se prend, un instant, à rêver d’un monde de paix.
Cette fête invite au don et au partage. Le besoin de consommer n’a pas encore tué l’affection ni l’attention portée à l’autre dans ces cadeaux échangés, ce temps offert, ces sourires, ces mains tendues et
ces baisers.
Chargé de tendresse, Noël célèbre quelque chose de simple et mystérieux.
Comme une promesse de vie. Un moment rare, capable de rassembler au-delà des convictions philosophiques et religieuses.
Pour ceux qui ont le bonheur d’y croire, Noël est une révélation : pour eux, un jour, Dieu est entré dans l’histoire. «Je vous annonce une bonne nouvelle qui sera une joie pour tout le monde.»

Lucie Steffens